COMMUNAUTÉ & VIE DE LA CITÉ

                                COMMUNAUTÉ & VIE DE LA CITÉ

         Quelques brefs passages de la doctrine sociale de l’Église tirés du Compendium (plus de 500 pages !) édité en 2005 par le Conseil Pontifical « Justice et Paix » :

[384] « La personne humaine est le fondement et la fin de la communauté politique. Dotée de rationalité, elle est responsable de ses choix et capable de poursuivre des projets qui donnent un sens à sa vie, au niveau individuel et social. L’ouverture à la Transcendance et aux autres est le trait qui la caractérise et la distingue : ce n’est qu’en rapport à la Transcendance et aux autres que la personne humaine atteint sa réalisation pleine et intégrale. Pour l’homme, créature naturellement sociale et politique, la vie sociale n’est donc pas quelque chose de surajouté, mais plutôt une dimension essentielle qui ne peut être éliminée. […].

[385] La communauté politique trouve dans la référence au peuple sa dimension authentique. […]. Le peuple n’est pas une multitude amorphe, une masse inerte à manipuler et à exploiter, mais un ensemble de personnes dont chacune — à la place et de la manière qui lui sont propres — a la possibilité de se former une opinion sur la chose publique et la liberté d’exprimer sa sensibilité politique et de la faire valoir en harmonie avec le bien commun : Le peuple vit de la plénitude de la vie des hommes qui le composent, dont chacun est une personne consciente de ses propres responsabilités et de ses propres convictions. […].  

[386] Ce qui caractérise en premier lieu un peuple, c’est le partage de vie et de valeurs, qui est source de communion au niveau spirituel et moral : La vie en société doit être considérée avant tout comme une réalité d’ordre spirituel. Elle est, en effet, échange de connaissances dans la lumière de la vérité, exercice de droits et accomplissement de devoirs ; émulation dans la recherche du bien moral ; communion dans la noble jouissance du beau en toutes ses expressions légitimes ; disposition permanente à communiquer à autrui le meilleur de soi-même et aspiration commune à un constant enrichissement spirituel. Telles sont les valeurs qui doivent animer et orienter toutes choses : activité culturelle, vie économique, organisation sociale, mouvements et régimes politiques, législation, et toute autre expression de la vie sociale dans sa continuelle évolution.

[391] La justice exige que chacun puisse jouir de ses biens et de ses droits et elle peut être considérée comme la mesure minimum de l’amour. La vie en société devient d’autant plus humaine qu’elle est caractérisée par l’effort pour parvenir à une conscience plus mûre de l’idéal vers lequel elle doit tendre, qui est la « civilisation de l’amour ». De fait, bien que participant activement à l’œuvre tendant à satisfaire ses besoins au sein de la société familiale, civile et politique, la personne humaine ne trouve pas sa réalisation complète tant qu’elle ne dépasse pas la logique du besoin pour se projeter dans celle de la gratuité et du don, qui répond plus entièrement à son essence et à sa vocation communautaire.

[392] Le précepte évangélique de la charité éclaire les chrétiens sur la signification la plus profonde de la communauté politique. Pour la rendre vraiment humaine, rien n’est plus important que de développer le sens intérieur de la justice, de la bonté, le dévouement au bien commun, et de renforcer les convictions fondamentales sur la nature véritable de la communauté politique, comme sur la fin, le bon exercice et les limites de l’autorité publique. L’objectif que les croyants doivent se fixer est l’instauration de rapports communautaires entre les personnes. La vision chrétienne de la société politique confère le plus grand relief à la valeur de la communauté, aussi bien comme modèle d’organisation de la vie en commun que comme style de vie quotidienne. »

19 – Angelus 06.2021

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