« Saint François d’Assise était acceptable par tous, car il représente ce qu’il y a de plus pur dans une pratique religieuse : une harmonie entre la piété, l’amour de l’œuvre de Dieu, le refus de la volonté de puissance, la paix, la joie intérieure, une certaine naïveté, la pauvreté…
Si tu veux comprendre le Christ, il faut te faire le cœur du Christ. Ce que disait il y a longtemps saint Bonaventure est au centre de nos problèmes actuels. D’une certaine façon, quand et là où la religion chrétienne était une évidence, il n’y avait pas besoin d’un effort particulier. Aujourd’hui que nous ne sommes plus portés par l’évidence chrétienne, pour comprendre le Christ nous devons tenter de nous faire, ou d’approcher au moins, le cœur du Christ.
Pourquoi Bonaventure est-il capable de rendre si présent François ? Tout simplement parce qu’il a su pénétrer le cœur de François. Comment serons-nous capables de rendre présent le Christ autour de nous ? En agissant et en parlant comme lui. Pour nous faire le cœur du Christ, il n’y a que l’Evangile et l’action de l’Esprit en nous et entre nous. Comment pourrions-nous nous couler dans les attitudes du Christ sans nous imprégner d’Evangile ?
Tout ceci a à voir avec votre question sur l’espérance. Peut-être en effet beaucoup de nos contemporains n’ont-ils plus l’espérance d’une vie après la mort. Peut-être, mais c’est à vérifier. Si c’est cependant le cas, un des arguments forts de la religion chrétienne disparaît automatiquement pour eux. Je dis « disparaît » parce que nos ancêtres chrétiens, eux, tenaient plus que tout à cet espoir d’une vie après la mort, une vie nouvelle, juste, exempte de tout malheur, et ceci pour l’éternité, concept insondable mais qui présentait l’avantage d’être diamétralement opposé à ce qu’ils vivaient : le passage inéluctable du temps et la mort. Cette croyance en la vie éternelle était le fondement de leur fidélité à l’Eglise.
Si donc nos contemporains n’ont plus cette espérance, on comprend aisément qu’ils se détournent en majorité de l’Eglise. Face à cette désaffection massive, que pouvons-nous faire ? Sans doute pas argumenter. Non, pas argumenter, mais faire ressentir. Il faut faire ressentir la tendresse de Dieu autour de nous si nous voulons intéresser nos contemporains à ce que nous croyons. La tendresse de Dieu a été révélée, je l’ai dit, par le Christ et Celui-ci l’incarne de manière totale dans l’Evangile.
Saint François d’Assise est le chrétien dont la vie a été la plus proche de l’Evangile. »
Extrait de « L’espérance du cardinal » d’Olivier Le Gendre (mai 2011)
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Nous nous retrouvons ce dimanche à 15h00 à l’église d’Aurignac pour la première de nos 2 conférences sur Saint François d’Assise, dont Rome a proclamé cette année une année jubilaire à l’occasion du 800° anniversaire de sa mort.
Continuons notre cheminement vers le Christ pendant ce carême, par la méditation de l’Evangile, l’adoration du Saint-Sacrement et l’action de grâces pendant nos messes où notre Seigneur se donne à nous sous d’humbles espèces ; pour que notre cœur batte à la mesure de son cœur dans notre vie quotidienne et que Pâques soit de nouveaux commencements dans nos vies : Figurez-vous que ce n’est qu’en 1564 que le début officiel de l’année en France est le 1ᵉʳ janvier (édit du Roussillon par le roi Charles IX) ; avant, l’année civile commençait à Pâques (ou à l’Annonciation)…
Abbé Thierry Porral, curé
