Nous le savons tous, dès que le mois de novembre approche, instinctivement nous pensons à la fête de la Toussaint et à la Commémoration des fidèles défunts.
La Toussaint est une grande fête, car elle est d’abord la fête du bonheur, du vrai bonheur en Dieu. Les saints ne sont pas seulement ceux qui ont laissé un nom dans le calendrier. Il en est d’innombrables qui ont vécu sans éclat leur vie d’hommes et de femmes, mais qui l’ont vécue en essayant d’aimer le mieux possible comme Jésus ; et c’est pour cela qu’ils partagent désormais le bonheur sans fin auprès de Dieu.
Ces deux fêtes nous aider à tourner notre regard vers l’horizon de notre vie, à lever les yeux et contempler les fins dernières. Ces deux fêtes là, sont comme deux rendez-vous pour nous tous.
Un premier rendez-vous c’est la fête de la Toussaint, le 1er novembre. Avec Pâques, Noël, l’Ascension, la Pentecôte et l’Assomption de la Vierge Marie au Ciel, la Toussaint c’est l’une des grandes fêtes de l’année liturgique.
A Pâques nous fêtons le triomphe du Christ sur la mort, à la Toussaint, nous fêtons le triomphe de tous les amis de Dieu, ceux de la terre et ceux qui sont parvenus au but de leur pèlerinage sur la Terre, à l’amitié de Dieu, et qui partagent en ce moment sa gloire.
Mais qu’est-ce qu’un saint ? Comment le devenir ? Faut-il faire des miracles, avoir des visions, entendre des voix ? Faut-il une reconnaissance officielle, être canonisé en grande pompe ?
L’Eglise nous invite à voir dans la sainteté un chemin pour tous. Un saint n’est pas un étranger lointain ! Ce n’est ni un héros ni un modèle de vertu. C’est un frère ou une sœur qui nous a précédé dans la foi et reste attentif à notre vie. Le saint est un exemple vivant de ce qui est possible pour chacun d’entre nous : à la suite de Jésus, faire de notre vie, une vie sainte.
Pour devenir saint, il n’y a pas milles chemins : il suffit de répondre pleinement à l’amour de Dieu en vivant son baptême selon la Parole de l’Evangile.
Les saints sont auprès de Dieu. Ils n’ont pas abandonné la solidarité humaine. « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » affirmait Thérèse de Lisieux. C’est en ce sens qu’il faut lire les miracles : ils sont la preuve de l’attention d’un saint envers nous.
Le 2ème rendez-vous, c’est la commémoration de tous les fidèles défunts, le 2 novembre. Nous prions ce jour-là, pour tous ceux qui ont rejoint la plénitude de la vie éternelle, pour qu’ils parviennent à la gloire du paradis, avec tous les saints.
Nos prières sont un peu comme un cortège qui les aide à se présenter devant Dieu, prière qui achève la purification dont ils ont besoin pour entrer rutilants dans la salle des noces !
Alors, la fête de la Toussaint et la mémoire des fidèles défunts c’est contempler l’horizon de notre fin. C’est pour nous l’occasion de remettre chaque chose à sa place. Quelquefois, nous nous dépensons inutilement ou exagérément pour des petites choses, alors que ce qui compte vraiment c’est la Vie, la Vie de Dieu, celle qu’Il veut nous communiquer.
Il est donc clair pour tous que chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang, est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité. A l’acquisition de cette perfection les fidèles emploieront leurs forces, selon la mesure du don du Christ. Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu donnera des fruits abondants, comme la vie de tant de saints le manifeste remarquablement dans l’histoire de l’Église.
La Toussaint et le 02 novembre sont par conséquent deux jours à ne pas manquer dans l’horizon de notre vie, pour vivre la dimension de l’amour du prochain qui se manifeste au-delà de la mort !
La fête de la Toussaint est l’occasion pour nous de tourner notre regard tant vers le passé, vers ceux qui nous ont précédés sur le chemin de la foi, que vers l’avenir, vers cette pleine réalisation de l’œuvre de Dieu, ce rassemblement des saints dont nous parle le livre de l’Apocalypse.
Et ce double regard, vers l’ancien et le nouveau, nous permet de bien saisir le mystère de l’Église dans sa dimension spirituelle. Dans la liturgie de la Toussaint, bien plus que d’habitude, le Ciel et la Terre viennent se rencontrer pour célébrer l’Amour de Dieu qui œuvre en chaque homme.
Bonne fête de la Toussaint à tous !
P. Laurentiu UNGURU
